Nature, culture, vie rurale.

 

            C'est l'enracinement dans le contexte de l'Imerina ancien, royaume construit à l'époque historique des temps modernes suivant la chronologie occidentale, qui fait le caractère de cette maison d'hôtes. Nous ne sommes pourtant qu'à 45 mn du centre d'Antananarivo !

            L'échantillonnage des paysages, plus qu'ailleurs, nous le rappelle sans cesse au détour des sentiers comme depuis les terrasses des deux villas : plaine rizicole et ses golfes entre les collines dont les anciennes terrasses de cultures s'échelonnent sur les versants, en aval des villages qui occupent les hauts. Il faut imaginer, il y a encore trois ou quatre siècles, les vallées encore surtout marécageuses et insalubres, et les cultures vivrières principalement sur ces terrasses. Au sud, la silhouette d'Antananarivo barre l'horizon. Songeons qu'à la fin du XIXème siècle on s'y rendait couramment en pirogue pendant la saison des pluies, comme entre villages locaux. D'ailleurs, le quartier d'Ambavafitahana ("embarcadère") juste en face de la maison d'hôtes est là pour le rappeler : il fallait bien traverser le vallon rizicole et marécageux de ce qui allait devenir plus en amont le lac de retenue d'Ambohibao. Ne raconte-t-on pas que subsisteraient encore quelques crocodiles au milieu des rizières qui occupent aujourd'hui cette petite  plaine depuis plus de deux siècles !

            En contrebas de la maison d'hôtes, le versant trop abrupt formé de boules de granit, reste étonnamment épargné. Des résidus de forêt d'altitude s'y maintiennent donc, avec par exemple la fameuse fougère arborescente (Cyathea dregei ou Ampangabe), décimée à l'est de Madagascar pour la confection de pots et tuteurs. Très rare sur les hautes terres.  Ou bien la Goyave sauvage (Psidium cattleyanum ou Goavitsinahy), à saveur de fraise des bois. Végétation que la collectivité locale s'occupe de faire préserver, comme d'ailleurs le ruban des parcelles de cultures maraîchères qui garnit le pied du versant, dont vivent les villageois en complément des rizières.  Nombre d'oiseaux y trouvent refuge dont le martin pêcheur, le hibou du Cap, deux espèces de Cua, les coucous malgaches, le Sohimanga, un colibri. Daniel et Sahondra contribuent naturellement à initier cette préservation. D'ailleurs Daniel s'emploie à aménager des sentiers botaniques sur la propriété, par l'étiquetage de près de deux cents plantes, dont beaucoup d'endémiques et de médicinales, et leur mise en fiches auxquelles les visiteurs ont bien entendu accès. Depuis une quinzaine d'années, il a acclimaté sur ses rocailles et sous un avant toit quelques plantes curieuses d'autres contrées de l'île, qui ne se portent pas trop mal en dépit des rigueurs de l'alizé pendant la saison sèche australe.

            Les villageois d'Ankadivory, Ambohijanahary et Antsakambahiny, du moins les anciens, cultivent un certain respect pour ces écarts : l'harmonie des paysages, les rochers hiératiques y sont sans doute pour quelque chose. Parole d'amis : "Ici l'Esprit souffle". A-t-il inspiré l'appellation  "soamahatony", avec sa connotation spirituelle de sérénité, de quiétude ? On y situe cependant aussi un esprit redoutable, celui du vazimba masiaka ("esprit d'ancêtre sévère") là bas en bas, du côté des rochers d'Ankadindranomasina ("au trou d'eau sacrée"). Légende immémoriale puisqu'elle remonte au moins au XVIème siècle. A ne pas contrarier ! Plus loin, quelques sources ont aussi un caractère sacré. Sur la propriété,  quelques vestiges révèlent l'existence d'un hameau aujourd'hui disparu : fondations et pans de murs de terre battue ; "sompotra" : silos à riz autrefois creusés sous la pièce à vivre de la maison, avec leur couvercle de pierre. Comme partout en Imerina, de vieux tombeaux à gradins coexistent non loin des demeures des vivants.

 

Petit matin d'hiver sur la plaine d' Antehiroka, vu de la terrasse
Lumières du soir sur la plaine Antehiroka. Au loin : Antananarivo
Ambavafitana, "l'embarcadère" pour Ambatolampy le village d'en face. Vu d'une chambre d'hôtes
Boules de granit, maquis à fougères, parent le versant sud, serti de jardins au bord des rizières.
Les rochers d'Ankadindranomasina, là bas en bas, où réside le "vazimba masiaka" !
De nombreux oiseaux peuplent le versant sud de la propriété, comme ce Cua, le toloho
Un "hôte de ces bois" : le hibou du Cap
Un colibri : le Sohy manga
Août : labours
Octobre : transplantation
Janvier : moisson
Eh mec ! Réveille toi, tes canards se font la belle !
Sur la rocaille : Apocynacée, Stapelianthus montagnacei
Acanthacée, Asistasia gangetica
Acanthacée, Thunbergia alata
Agavacée, Furcraea foetida, fleur de Sisal.
Apocynacée, Stapelia gigantea, qui pue pour attirer les mouches.
Apocynacée-asclépiadacée, Cynanchum sp., plante aphylle
Cactacée. Rhipsalis cassytha, l'unique "cactus" de Mada.
Crassulacée. Kalanchoe thyrsiflora
Cyathéacée. Cyathea dregei, une fougère arborescente.
Didieréacée. Alluaudia Procera
Dioscoréacée ex taccacée. Tacca pinnatifida
Euphorbiacée. Euphorbia enterophora enterophora var. crassa
Euphorbiacée. Euphorbia ou Poinsettia pulcherrima, le Madagascar
Lamiacée, Leonotis nepetifolia, témoin du Gondwana : on la trouve dans les forêts péruviennes.
Liliacée, Aloe capitata, une sahondra
Orchidacée. Vanda hookeriana
Orchidacée, Gastrorchis sp.
Orchidacée. Dendrobium nobile
Orchidacée. Onciduim sphaceletum, la "pluie d'or".
Orchidacée. Onciduim sphaceletum,
Orchidacée. Vanda hookeriana
Solanacée. Brunfelsia hopeana, le telomiova
Zingiberacée. Hedichium flavescens, un longoza qui embaume